Le symphonisme intimiste : nouvelle esthétique musicale du cinéma français


Cécile Carayol (université de Rennes-II)

Docteur en Musique. Professeur certifiée d’éducation musicale. Enseigne la musique de film à l’Ecole Supérieure d’Etudes Cinématographiques (ESEC). Fait partie d’une ANR à l’université Rennes-II. Auteur d’articles sur les correspondances entre la musique de concert et le cinéma, la musique de film et d’un ouvrage : Une musique pour l’image : vers un symphonisme intimiste dans le cinéma français, Presses Universitaires de Rennes, 2012.

L’expression d’un langage propre à la musique de film s’affirme notamment avec le symphonisme intimiste, nouvelle esthétique du cinéma français. Les partitions majeures de ce symphonisme composées entre 1998 et 2005, sont celles de Pascal Estève (Confidences trop intimes de Patrice Leconte), Cyrille Aufort (Hell de Bruno Chiche), Philippe Rombi pour les films de François Ozon (Sous le sable, Swimming Pool) et Alexandre Desplat pour Xavier Giannoli (Les Corps impatients) ou Jacques Audiard (Sur mes lèvres, De battre mon cœur s’est arrêté). « Symphonisme » retient des principes hollywoodiens son utilisation d’un orchestre symphonique, d’une harmonie postromantique et d’une musique qui développe une empathie émotionnelle avec l’action qui se déroule ; tandis qu’« intimiste » s’inscrit davantage dans l’héritage de la musique du cinéma français avec une orchestration qui privilégie la « transparence » des timbres, un lyrisme qui n’est pas trop expansif et des interventions musicales ponctuelles qui se détachent d’un synchronisme trop descriptif. « Intimiste » évoque également une concision et une forme d’épure qui se manifestent par l’intégration du minimalisme (répétitif, statique) et des techniques d’écriture impressionnistes. Ces longs métrages renferment des caractéristiques formant une entité particulière — toute l’intrigue est centrée sur la couleur émotionnelle dominante d’un personnage et ses fantasmes — appelant une temporalité différente et une dimension essentiellement suggestive de la musique.

Bibliographie

Pierre Berthomieu, La musique de film (Paris : Klincksieck, 2004).

Michel Fleury, L’impressionnisme et la musique (Paris : Fayard, 1996).

Mario Litwin, Le film et sa musique : création, montage (Paris : Romillat, 1992).

Jérôme Bodon-Clair, Le langage de Steve Reich, L’exemple de Music for 18 Musicians (1976) (Paris : L’Harmattan, 2008).

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